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Expresso vs Khabane Lame : l’influenceur engage Me Bamba Cissé pour la bataille judiciaire

Oct 24, 2026  Twila Rosenbaum 8 views
Expresso vs Khabane Lame : l’influenceur engage Me Bamba Cissé pour la bataille judiciaire

Faits clés

  • La société Khaby Lame srl, basée à Milan, affirme détenir les droits d’image exclusifs de l’influenceur mondialement connu Khaby Lame.
  • Dans un communiqué, elle dénonce l’utilisation « illégale et frauduleuse » de l’image de l’influenceur par l’entreprise de télécommunications Expresso Sénégal.
  • Elle soutient que cette utilisation se fait « en violation flagrante des lois sénégalaises et internationales » et ne repose sur « aucun contrat en vigueur ».
  • Un contrat d’un an avait été signé le 17 janvier 2022 entre Serigne Khabane Lame, dit Khaby, et le Groupe Expresso Télécom, maison mère d’Expresso Sénégal. Sa durée n’était renouvelable que par accord mutuel des deux parties.
  • À l’issue du contrat, aucune prolongation n’aurait été conclue, ni par Khaby Lame ni par la société IRON, qui le représentait à l’époque.
  • Plus d’un an et demi après la fin du contrat, Khaby Lame srl affirme avoir constaté avec surprise que Expresso Sénégal utilisait toujours l’image de l’influenceur pour des campagnes publicitaires.
  • La société milanaise a mandaté le cabinet de Me Mouhamadou Bamba Cissé pour intenter une action en justice contre Expresso Sénégal.
  • L’affaire serait pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois, selon le communiqué.
  • Khaby Lame srl estime que l’utilisation non autorisée de l’image de l’influenceur met en péril plusieurs de ses contrats et espère que la justice sénégalaise interviendra pour préserver ses droits et sa carrière.

Un différend contractuel devenu public

Le conflit entre Khaby Lame et Expresso Sénégal ne relève pas d’une simple rumeur ou d’un désaccord passager. Il oppose une société qui gère les intérêts d’un créateur de contenu parmi les plus suivis au monde à un opérateur de télécommunications solidement implanté au Sénégal. Le communiqué de Khaby Lame srl a été rendu public en réponse à plusieurs publications parues dans la presse sénégalaise le mercredi 5 juin 2024. La formulation employée est ferme : la société parle d’utilisation « illégale et frauduleuse », de violation « flagrante » des lois sénégalaises et internationales, et d’absence de tout contrat en vigueur.

La société basée à Milan ne conteste pas seulement l’usage d’une photographie ou d’une courte séquence. Elle remet en cause la légitimité même des campagnes publicitaires qui continueraient d’associer le visage de Khaby Lame à Expresso Sénégal. Pour elle, l’enjeu dépasse la simple question commerciale : il touche à la protection d’un droit d’image, à la maîtrise de la carrière d’un créateur et à la crédibilité de ses engagements auprès d’autres partenaires.

Les origines du contrat

Le point de départ du dossier remonte au 17 janvier 2022. À cette date, Serigne Khabane Lame, dit Khaby, avait signé un contrat d’un an avec le Groupe Expresso Télécom, la maison mère d’Expresso Sénégal. Le contrat prévoyait que sa durée n’était renouvelable que par un accord mutuel des deux parties. Cette clause est centrale : elle signifie qu’aucune prolongation ne pouvait être implicite ou automatique. Il fallait une volonté commune, exprimée dans les formes prévues.

À l’échéance, selon Khaby Lame srl, aucune prolongation n’a été conclue, ni par Khaby Lame ni par la société IRON, qui le représentait à l’époque. Le communiqué insiste sur ce point : l’absence de renouvellement n’aurait pas été contestée dans l’immédiat, mais elle serait devenue problématique lorsque l’image de l’influenceur a continué d’apparaître dans des campagnes publicitaires. La société affirme avoir découvert cette situation avec « une grande surprise et beaucoup de regrets ».

Pour elle, plus d’un an et demi après la fin du contrat, l’utilisation de l’image de Khaby Lame par Expresso Sénégal se poursuivait sans base contractuelle. C’est précisément ce décalage entre la fin d’un accord et la continuité d’une campagne qui a conduit à la mobilisation d’un avocat et à l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Khaby Lame, une notoriété mondiale aux racines sénégalaises

Khaby Lame est né à Dakar en 2000 avant de grandir en Italie. Son parcours est souvent raconté comme celui d’un ancien ouvrier devenu, en quelques années, l’une des figures les plus connues du réseau social TikTok. Son style repose sur un humour sans paroles, fondé sur des mimiques, des gestes et des situations du quotidien. Cette forme de comédie visuelle lui a permis de dépasser les frontières linguistiques et de toucher un public très large, en Europe, en Afrique, en Amérique et au Moyen-Orient.

Cette notoriété mondiale a fait de son image un actif économique considérable. Les marques internationales cherchent à associer leurs produits à sa popularité, à son ton accessible et à sa capacité à générer des interactions massives. Dans ce contexte, la gestion des droits d’image devient stratégique. Elle ne se limite pas à autoriser ou refuser une campagne : elle implique de choisir les partenaires, les territoires, les supports, les durées et les messages. Une utilisation non autorisée peut donc affecter non seulement les revenus directs, mais aussi la cohérence de l’image publique du créateur.

Le droit à l’image, un actif stratégique

Dans le secteur de l’influence, le droit à l’image est au cœur de la relation contractuelle. Une marque ne peut pas utiliser durablement le visage ou le nom d’un créateur sans autorisation précise. Les contrats encadrent généralement la durée de l’exploitation, les supports concernés, les territoires couverts, les modalités de renouvellement et les conditions financières. Lorsque l’accord prend fin, l’autorisation cesse en principe de produire ses effets.

Une campagne peut avoir été valablement autorisée pour une période donnée, puis devenir contestable si elle continue d’être diffusée après l’échéance. Le problème peut être d’autant plus délicat que les contenus publicitaires circulent sur plusieurs canaux : affiches, réseaux sociaux, sites internet, spots vidéo, publications sponsorisées. Il ne suffit donc pas de vérifier la date de signature du contrat ; il faut aussi s’assurer que chaque utilisation respecte le périmètre convenu.

Le dossier rappelle également l’importance des clauses de renouvellement. Une clause prévoyant une prolongation par accord mutuel protège les deux parties, mais elle exige une gestion rigoureuse des échéances. À défaut, une entreprise peut continuer à exploiter une image en croyant que l’accord se poursuit, tandis que le créateur ou sa société estime que l’autorisation a expiré. Ce type de malentendu peut dégénérer en contentieux lorsque les montants en jeu et les enjeux de réputation sont importants.

Une action déjà engagée devant les juridictions sénégalaises

Face à la situation, Khaby Lame srl a mandaté le cabinet de Me Mouhamadou Bamba Cissé. L’avocat est chargé d’intenter une action en justice contre Expresso Sénégal. Selon le communiqué, l’affaire est pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois. Cette précision indique que le dossier ne se trouve pas seulement au stade des échanges amiable ou des mises en demeure : une procédure judiciaire aurait déjà été enclenchée.

Le communiqué ne précise ni le montant des demandes, ni le calendrier des audiences, ni les chefs de demande détaillés. Il met surtout en avant la protection des droits de l’influenceur et la préservation de sa carrière. La société estime que l’utilisation non autorisée de son image met en péril plusieurs de ses contrats, ce qui suggère que d’autres partenaires pourraient s’interroger sur l’exclusivité ou la disponibilité des droits cédés.

Les enjeux pour les marques et les créateurs

Au-delà du cas particulier, l’affaire illustre les risques que comportent les partenariats entre grandes marques et créateurs de contenu. Les entreprises doivent vérifier non seulement l’identité du contractant, mais aussi la chaîne de droits. Lorsqu’une société détient les droits d’image d’un influenceur, il faut confirmer son pouvoir de les concéder, la durée exacte de la concession et les supports autorisés. Une simple campagne peut mobiliser plusieurs intermédiaires, ce qui augmente le risque d’erreur ou de retard dans la gestion des échéances.

Pour les créateurs, la protection contractuelle est tout aussi essentielle. Leur image constitue souvent leur principal actif professionnel. Une utilisation non autorisée peut affaiblir leur position de négociation, brouiller leur association avec certaines marques et créer une confusion dans l’esprit du public. La vigilance porte donc sur la rédaction des contrats, le suivi des dates de fin, les preuves de diffusion et la capacité à réagir rapidement en cas d’exploitation contestée.

Ce que révèle le dossier sur l’économie de l’influence

Le différend montre à quel point la valeur des droits d’image s’est déplacée. Un visage connu ne sert plus seulement à illustrer une publicité : il peut porter une campagne entière, générer des millions de vues et devenir un élément central de la stratégie commerciale d’une entreprise. Dans les télécommunications, où la concurrence repose sur la notoriété, la visibilité et la capacité à parler à un public jeune, le recours à des créateurs populaires est devenu courant.

Mais cette économie de l’attention repose sur des contrats précis. La notoriété d’un influenceur peut produire des effets rapides, tandis que la gestion de ses droits exige une organisation minutieuse. Le litige entre Khaby Lame srl et Expresso Sénégal rappelle que la frontière entre une campagne réussie et une exploitation contestée peut dépendre d’une clause, d’une date ou d’une autorisation écrite.

Le dossier pose aussi une question de confiance. Les marques veulent pouvoir utiliser une image sans craindre de contentieux. Les créateurs veulent conserver la maîtrise de leur nom, de leur visage et de leurs collaborations. Lorsque ces attentes divergent, la justice devient le lieu où les droits sont clarifiés. L’affaire reste pendante devant les juridictions sénégalaises, dans l’attente d’une décision sur les droits invoqués par Khaby Lame srl.


Source:Seneweb News


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