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Donald Trump s'investit sur le terrain avant des midterms qui s'annoncent difficiles

Oct 21, 2026  Twila Rosenbaum 14 views
Donald Trump s'investit sur le terrain avant des midterms qui s'annoncent difficiles

À un peu plus de deux semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump a choisi d’accélérer la cadence. Le président des États-Unis multiplie les meetings afin de soutenir les candidats républicains et de tenter d’enrayer une dynamique électorale qui semble de plus en plus défavorable à son camp. Après un passage dans le Kansas lundi, il devait se rendre en Caroline du Nord mardi, en Caroline du Sud mercredi, dans l’Iowa jeudi, en Floride vendredi, puis en Géorgie et dans le Michigan au cours du week-end. Un programme dense pour un dirigeant de 80 ans, mais qui le conduit uniquement dans des États qu’il a remportés lors de l’élection présidentielle de 2024.

Les faits clés

  • Donald Trump enchaîne les meetings de campagne avant les élections de mi-mandat, qui s’annoncent difficiles pour les républicains.
  • Sa tournée passe par le Kansas, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, l’Iowa, la Floride, la Géorgie et le Michigan, tous des États qu’il a gagnés en 2024.
  • Dans le Kansas, un récent sondage place le démocrate Adam Hamilton, pasteur d’une méga-église, trois points devant le sénateur républicain sortant Roger Marshall.
  • Le Kansas n’a pas élu de sénateur démocrate depuis les années 1930, mais les démocrates veulent croire à un basculement.
  • Pour reprendre le Sénat, les démocrates doivent gagner quatre sièges actuellement détenus par les républicains et ciblent notamment la Caroline du Nord, le Maine, l’Alaska, l’Ohio et le Texas.
  • Une analyse universitaire récente évoque une véritable opération de sauvetage des républicains pour Roger Marshall, tout en restant sceptique sur une victoire démocrate dans le Kansas.
  • La popularité de Donald Trump n’est que de 33 %, un plus bas depuis son retour au pouvoir, selon une enquête nationale publiée dimanche.
  • Le coût de la vie constitue la principale source de mécontentement des électeurs, alors que la promesse de faire baisser l’inflation n’a pas été tenue.
  • Au Texas, où le vote anticipé a commencé lundi, les démocrates espèrent des victoires historiques avec James Talarico face à Ken Paxton, et Gina Hinojosa face à Greg Abbott.
  • Les Texans ont jusqu’au 3 novembre pour voter.

Une tournée dans des territoires républicains

Le choix des lieux n’est évidemment pas anodin. Même dans des États habituellement ancrés à droite, les mauvais sondages s’accumulent pour les candidats républicains. Donald Trump ne se rend donc pas dans des territoires à conquérir, mais dans des zones où son camp doit surtout défendre ses positions. La séquence illustre l’inquiétude des républicains à l’approche du scrutin, alors que la perte de la majorité dans les deux chambres du Congrès devient une hypothèse sérieuse.

Dans le Kansas, Donald Trump s’est rendu pour soutenir le candidat républicain Roger Marshall. À Wichita, plus grande ville de cet État agricole du centre des États-Unis, il a encouragé ses concitoyens à aller voter. « Il vous suffit de vous montrer. Si vous vous montrez, nous gagnerons », a-t-il martelé lors du rallye. Le message vise à mobiliser une base électorale qui, selon plusieurs indicateurs, pourrait être moins enthousiaste qu’en 2024. La présence présidentielle doit aussi servir à nationaliser le scrutin et à transformer un vote local en référendum sur l’action de la Maison Blanche.

Le Kansas, symbole d’une inquiétude républicaine

Le Kansas est traditionnellement républicain. L’État n’a pas élu de sénateur démocrate depuis les années 1930. Pourtant, un récent sondage donne le démocrate Adam Hamilton, pasteur d’une méga-église, avec une avance de trois points face au sénateur sortant Roger Marshall. Une telle configuration, même si elle doit être confirmée, suffit à raviver l’espoir chez les démocrates et à inquiéter les républicains. La venue de Donald Trump peut ainsi être lue comme le signe d’une urgence ressentie dans le camp présidentiel.

Une note d’analyse universitaire récente souligne qu’une véritable opération de sauvetage semble avoir été entreprise par les républicains pour leur candidat dans le Kansas. Les auteurs de cette analyse disent toutefois demeurer sceptiques quant à la perspective d’une victoire démocrate dans l’État. Le Kansas reste donc un laboratoire : il montre à la fois la fragilité des positions républicaines dans des territoires pourtant favorables et la difficulté des démocrates à transformer une dynamique nationale en succès local.

Quatre sièges à reprendre pour les démocrates

Pour reprendre la majorité au Sénat, les démocrates n’auront à gagner que quatre sièges actuellement tenus par les républicains. Ils visent la Caroline du Nord, le Maine, l’Alaska, l’Ohio et même le Texas. Chacun de ces États présente des configurations différentes : modération de certains électorats, poids des indépendants, présence de candidats atypiques ou encore évolution démographique. Mais tous ont en commun de représenter des opportunités pour un parti qui cherche à capitaliser sur l’impopularité présidentielle.

La carte électorale impose toutefois aux démocrates de défendre simultanément des sièges difficiles et de conquérir des territoires républicains. Cette équation explique pourquoi la campagne de Donald Trump se concentre sur des États qu’il a lui-même remportés. Il ne s’agit pas seulement de motiver les fidèles, mais de contenir les pertes potentielles dans des zones où la base républicaine devrait, en théorie, suffire. La multiplication des déplacements présidentiels traduit donc une stratégie défensive autant qu’offensive.

Un président impopulaire

Les espoirs d’une « vague bleue » reposent en grande partie sur l’impopularité historique à laquelle est confronté Donald Trump. Les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti qui occupe la Maison Blanche. Mais les sondages suggèrent que le milliardaire pourrait être confronté à un vote sanction inédit depuis longtemps. Sa cote de popularité auprès des Américains n’est que de 33 %, au plus bas depuis son retour au pouvoir, selon une enquête nationale publiée dimanche.

Pour expliquer leur mécontentement, les électeurs interrogés donnent une raison majeure : le coût de la vie. Alors qu’il avait fait campagne en 2024 en promettant de faire baisser l’inflation, le républicain a échoué de manière patente, selon ses opposants. La situation a même empiré avec sa politique de droits de douane et sa guerre contre l’Iran, qui pèsent sur les prix et alimentent les inquiétudes des ménages. Ce contexte économique et international fragilise les candidats républicains, y compris dans des États où l’ancrage conservateur semblait solide.

Le Texas, laboratoire démocrate

Au Texas, qui vote de manière anticipée depuis lundi, les démocrates espèrent des victoires historiques dans ce bastion traditionnellement républicain. Dans la course au Sénat, le démocrate James Talarico, un ancien enseignant âgé de 37 ans, a su mobiliser les électeurs, lui permettant de prendre une petite avance dans les sondages sur Ken Paxton, 63 ans, actuel procureur de l’État et allié de Donald Trump. Une avance fragile, mais suffisamment notable pour nourrir l’espoir d’un basculement.

Les électeurs et électrices devront aussi choisir leur prochain gouverneur. Ce sera soit le républicain Greg Abbott, 68 ans, qui brigue un quatrième mandat, soit la démocrate Gina Hinojosa, avocate de 52 ans, créditée pour l’heure d’un meilleur score. Gina Hinojosa et James Talarico cherchent à séduire les électeurs indépendants ainsi que les Américains désabusés par la guerre au Moyen-Orient et par la flambée des prix. Ils espèrent également reconquérir l’électorat latino, gagné par le milliardaire en 2024, mécontent des opérations de répression contre les immigrés qui secouent le pays depuis le début de son deuxième mandat.

Une campagne nationale aux enjeux locaux

La tournée présidentielle montre que Donald Trump entend peser directement sur les élections de mi-mandat. Mais elle révèle aussi les limites de son influence : dans plusieurs États, les candidats républicains doivent composer avec une impopularité présidentielle qui peut devenir un fardeau. Les démocrates, de leur côté, tentent de transformer le mécontentement économique et social en mobilisation. Ils misent sur les indépendants, les électeurs modérés et les communautés qui se sentent affectées par les politiques migratoires ou par les conséquences des conflits internationaux.

Le Kansas et le Texas illustrent deux visages de cette campagne. Dans le Kansas, les démocrates espèrent créer la surprise dans un État profondément républicain. Au Texas, ils veulent transformer une dynamique démographique et une mobilisation accrue en victoires concrètes. Dans les deux cas, les résultats dépendront de la participation, de la capacité des candidats à se distinguer de leur parti national et de l’évolution des préoccupations économiques des électeurs. Les Texans ont jusqu’au 3 novembre pour faire leur choix.


Source:rts.ch News


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