
Que peut une nation de moins de six millions d’habitants face à la première puissance mondiale ? Depuis un an, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, tente de répondre à cette question. Les menaces répétées de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland ont placé le Danemark au cœur d’une crise diplomatique sans précédent. Le week-end dernier, le président américain a annoncé qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires aux huit pays européens — dont la France — qui ont soutenu le royaume du Danemark. Une mesure qui élargit le conflit au-delà du cercle arctique et met à l’épreuve la solidarité européenne.
« L’Europe ne se laissera pas intimider », « le Groenland n’est pas à vendre », a sèchement répliqué la dirigeante danoise. Connue pour son style direct, celle qui a pris la tête du gouvernement en 2019 se retrouve aujourd’hui confrontée à une crise qui exige une extrême prudence. Un exercice d’équilibriste pour cette femme politique habituée à dramatiser les enjeux et à parler sans détour. Car l’enjeu est double : défendre la souveraineté du Danemark et du Groenland, tout en évitant une escalade frontale avec Washington.
Une stratégie en trois temps
Selon plusieurs observateurs de la vie politique danoise, Mette Frederiksen a mis en place une stratégie en trois temps. La première consiste à lever toute hostilité entre le Danemark et le Groenland et à faire front commun. Le Groenland, territoire autonome au sein du royaume du Danemark, dispose de son propre gouvernement et de sa propre assemblée. Toute tentative de vendre l’île ou d’en disposer sans son consentement serait non seulement illégale, mais aussi politiquement explosive. La Première ministre danoise a donc multiplié les gestes d’apaisement envers Nuuk, tout en rappelant que la souveraineté danoise sur le Groenland n’était pas négociable.
La deuxième étape vise à influencer l’opinion américaine. Mette Frederiksen et son gouvernement ont cherché à faire passer un message simple : le Groenland n’est pas une marchandise, et les États-Unis n’ont pas besoin de l’annexer
Source:leparisien.fr News
