
Shohei Ohtani a confirmé lundi soir qu’il ne lancerait « très probablement » plus cette saison. La perspective, déjà évoquée à mots couverts par l’entourage des Dodgers de Los Angeles, se précise à mesure que le calendrier se raccourcit et que les blessures s’accumulent. Le Japonais de 32 ans a indiqué qu’il allait désormais « se concentrer sur frapper », abandonnant pour un temps son ambition de demeurer un joueur à deux volets.
« C’est décevant », a-t-il déclaré par l’intermédiaire d’un interprète. « Mais je veux m’assurer que, lorsque je repenserai à cette saison, je puisse considérer cela comme une expérience, une leçon, et m’assurer d’en tirer parti pour m’améliorer la saison prochaine. »
Un retour après quatre jours d’absence
Lundi, jour de la Fête du Travail, Ohtani a retrouvé la formation des Dodgers après quatre jours d’absence. Ces jours de repos faisaient suite à une accumulation de problèmes physiques, notamment une douleur apparue lors d’un passage au bâton difficile en dixième manche mercredi soir. Il avait visiblement souffert sur le terrain.
Contre les Reds de Cincinnati, il a terminé la rencontre avec un rendement de 0 en 3, deux retraits sur des prises et un but sur balles, dans une victoire de 6 à 3. Ce retour prudent n’a pas dissipé toutes les inquiétudes. Ohtani a évoqué une gêne le long du côté droit de son cou, qui irradiait dans son bras. Il souffre également depuis plusieurs mois d’une douleur au genou gauche.
Le biceps droit, point sensible
Son biceps droit, déjà problématique plus tôt dans la saison, s’est réveillé lors d’une séance d’entraînement dans l’enclos des releveurs le 28 août. C’est la dernière fois qu’il a lancé une balle de baseball. Depuis, les Dodgers ne savent pas quand il remontera sur un monticule. Et ce n’est clairement pas la priorité.
« Oui, il adore lancer, il adore être un joueur polyvalent », a déclaré Dave Roberts, le gérant des Dodgers. « Mais pour l’instant, cela n’a tout simplement aucun sens. »
Une baisse de régime à la frappe
Ohtani a expliqué que ses soucis concernaient principalement son biceps droit et son genou gauche. On lui a demandé si ces problèmes avaient joué un rôle dans sa récente baisse de performance. Avant de se reposer jeudi, vendredi, samedi et dimanche, il n’avait totalisé que sept coups sûrs et vingt retraits sur des prises en cinquante et une présences au bâton.
« Je devrais avoir suffisamment d’expérience pour être capable de gérer les petits problèmes, les blessures ou tout autre souci lié à mon élan », a-t-il répondu. « Je vais profiter de cette occasion pour enrichir l’expérience que j’ai acquise jusqu’à présent et être capable d’y remédier peu importe ce qu’il arrive. »
Des statistiques de lanceur solides
Cette saison, Ohtani affiche un dossier de 8 victoires et 2 défaites, avec une moyenne de points mérités de 1,79 en 14 départs. Il a totalisé 95 retraits sur des prises et concédé 26 buts sur balles en 85 manches et deux tiers. Ces chiffres témoignent de son efficacité lorsqu’il est en santé. Mais il n’a plus lancé dans un match depuis le 3 juillet.
La douleur au genou gauche l’empêche de se sentir à l’aise sur le monticule. Pour un lanceur, la stabilité des jambes est essentielle. Le genou gauche, qui supporte une partie importante de la poussée et de l’équilibre, devient un handicap difficile à masquer. Ohtani n’a pas réussi à se débarrasser de cette gêne, ce qui explique en partie pourquoi les Dodgers préfèrent ne pas prendre de risques inutiles.
Une rotation enrichie par Skubal
L’arrivée de Tarik Skubal dans une rotation qui compte déjà Yoshinobu Yamamoto, Blake Snell et Tyler Glasnow change la donne. Les Dodgers disposent d’un groupe de partants suffisamment profond pour ne pas dépendre des services d’Ohtani sur le monticule. Ses performances offensives deviennent donc bien plus importantes pour l’équipe que ses performances de lanceur.
Dans une course aux séries éliminatoires, chaque point compte. Ohtani, même diminué, demeure l’un des frappeurs les plus dangereux du baseball. Sa capacité à changer un match en une seule présence au bâton est précieuse. Les Dodgers préfèrent donc le ménager pour qu’il reste disponible à l’attaque, plutôt que de le voir alterner entre les rôles et risquer une blessure plus grave.
Un joueur à deux volets hors norme
Depuis son arrivée dans les majeures, Ohtani a redéfini les attentes entourant les joueurs à deux volets. Capable de lancer à plus de 160 km/h et de frapper des circuits parmi les plus longs du circuit, il a réalisé des saisons que peu d’observateurs croyaient possibles à l’ère moderne. Son parcours rappelle celui de Babe Ruth, mais dans un contexte de préparation, de voyage et de gestion de la charge de travail bien plus exigeant.
Cette double fonction implique des ajustements constants. Les jours de lancement, Ohtani doit récupérer. Les jours de repos, il doit travailler sa frappe. Les voyages, les matchs successifs et les blessures mineures compliquent un équilibre déjà précaire. À 32 ans, il entre dans une phase de carrière où la gestion de son corps devient aussi importante que son talent brut.
Les antécédents de blessures
Ohtani a déjà connu plusieurs épisodes de blessures importantes. Une opération au coude a limité sa capacité à lancer pendant une longue période. Des problèmes au genou, aux obliques et au poignet ont également perturbé certaines de ses saisons. Ces expériences ont appris aux Dodgers à la prudence. Le club sait qu’un Ohtani à 80 % à la frappe peut encore être très productif, alors qu’un Ohtani lançant avec des douleurs risque de se blesser davantage.
Le calendrier raccourci ajoute une pression supplémentaire. Chaque jour de repos est un jour en moins pour retrouver le rythme. Chaque séance de lancé ratée éloigne un peu plus un retour sur le monticule. Les médecins et le personnel d’entraînement doivent peser les bénéfices à court terme et les risques à long terme. La décision de le retirer de la rotation semble refléter cette prudence.
L’impact sur l’alignement
Avec Ohtani concentré sur la frappe, les Dodgers peuvent structurer leur alignement autour de lui. Il reste un frappeur de premier plan, capable de produire de la puissance et de la discipline. Même si sa récente séquence a été difficile, son historique indique qu’il peut rapidement retrouver son rythme. Le repos de quatre jours avait justement pour
Source:RDS News
