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Réduction du nombre de parlementaires : Gabriel Attal reprend et ajuste une promesse de campagne d’Emmanuel Macron faite en 2017

Aug 14, 2026  Twila Rosenbaum 16 views
Réduction du nombre de parlementaires : Gabriel Attal reprend et ajuste une promesse de campagne d’Emmanuel Macron faite en 2017

Gabriel Attal, candidat de Renaissance pour l’élection présidentielle de 2027, a relancé une promesse de campagne qui semblait enterrée : réduire le nombre de parlementaires. Dans un entretien au Journal du Dimanche au début du mois d’août 2026, l’ancien Premier ministre a proposé de ramener l’Assemblée nationale à 350 députés et le Sénat à 200 sénateurs. Aujourd’hui, la France compte 577 députés et 348 sénateurs, soit un total de 925 élus. La baisse serait donc d’environ 40 %, une coupe plus profonde que celle qu’Emmanuel Macron avait imaginée en 2017.

Dès l’annonce de cette mesure, les réactions politiques ont été nombreuses. Plusieurs responsables de la majorité ont salué une proposition « de bon sens », tandis que les oppositions ont dénoncé une opération de communication à l’approche du scrutin. Gabriel Attal justifie sa position par un constat simple : « Notre Parlement est trop pléthorique pour bien fonctionner ». Selon lui, des assemblées plus resserrées permettraient d’améliorer la qualité des débats, de rendre plus lisibles les votes et de renforcer la confiance des citoyens dans la démocratie représentative.

Une promesse déjà entendue en 2017

Cette idée n’est pourtant pas nouvelle. Elle figure déjà dans le programme d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Le 2 mars de cette année-là, celui qui était encore présenté comme le candidat de la rupture promettait de réduire d’« environ un tiers » le nombre de députés et de sénateurs. Le 3 juillet 2017, lors de son discours devant le Congrès réuni à Versailles, le nouveau chef de l’État avait confirmé son intention, en y ajoutant d’autres chantiers institutionnels comme la fin du cumul des mandats ou l’introduction d’une dose de proportionnelle. La question de la taille du Parlement était donc bien un marqueur de son projet initial.

Le gouvernement d’Édouard Philippe a tenté de concrétiser cet engagement. En mai 2018, un projet de révision constitutionnelle a été présenté en conseil des ministres. Il prévoyait de faire passer l’Assemblée nationale de 577 à 404 députés, soit une réduction d’environ 30 %. Le Sénat serait réduit de 348 à 244 sénateurs. Le Parlement, dans son ensemble, serait passé de 925 à 648 parlementaires. Ce chiffre est supérieur aux 550 élus souhaités par Gabriel Attal pour 2027, mais il dessine la même ambition : alléger les institutions.

Un projet constitutionnel bloqué

Le calendrier, pourtant, ne s’est pas prêté à cette réforme. L’examen du projet devait commencer à l’été 2018. L’affaire Benalla, qui impliquait un collaborateur de l’Élysée, a provoqué une crise politique et a considérablement tendu les relations entre l’exécutif et le Parlement. La reprise des travaux a été reportée. En 2019, la crise des gilets jaunes a occupé tout l’agenda politique. Le grand débat national a été organisé pour répondre à la colère sociale. Puis la pandémie de Covid-19 a mis le pays à l’arrêt. Le projet de réforme constitutionnelle n’est jamais revenu devant les deux chambres. Il a été discrètement abandonné.

Comment expliquer qu’une mesure aussi populaire, du moins dans les sondages, n’ait pas abouti ? La réponse se trouve d’abord dans la procédure de révision de la Constitution. Une telle modification reposait sur l’article 89 de la Constitution, qui exige l’accord des deux assemblées sur un texte identique. Le Sénat doit donc voter le même projet que l’Assemblée nationale. Or, la majorité sénatoriale était, comme elle l’est encore aujourd’hui, ancrée à droite, et hostile à une partie des dispositions associées à la réforme. Les sénateurs ne voulaient pas donner un chèque en blanc à Emmanuel Macron. Ils ont réclamé des garanties sur le maintien de la représentation territoriale. Sans cet accord, le gouvernement ne pouvait pas réunir les conditions d’une adoption définitive.

Des obstacles politiques et territoriaux

Au-delà de la procédure, la réduction du nombre de parlementaires soulève une question démocratique de fond. Les défenseurs du statu quo rappellent que la France compte environ 120 000 habitants par député, un chiffre comparable à celui d’autres grandes démocraties. Ils estiment que le problème du Parlement n’est pas le nombre de ses membres, mais la qualité de ses moyens et la faiblesse de ses pouvoirs face à un exécutif puissant. Les partisans de la réduction répondent que les assemblées françaises sont en réalité moins peuplées que certains parlements étrangers, comme le Bundestag ou la Chambre des communes, mais que les Français ont le sentiment d’une surreprésentation politique. Le débat reste donc très idéologique.

Il faut également examiner les règles de calcul du nombre de sièges. L’article 24 de la Constitution fixe les principes de représentation nationale et locale. Pour l’Assemblée nationale, chaque département découpe son territoire en circonscriptions législatives. Plus un département est peuplé, plus il compte de sièges. Le Nord, par exemple, possède 21 circonscriptions, tandis que la Lozère n’en a qu’une seule. Les écarts entre circonscriptions sont encadrés par la jurisprudence et, en général, une circonscription correspond à une tranche d’environ 125 000 habitants. Toute modification du nombre de députés oblige donc à redessiner entièrement la carte électorale. C’est un exercice politiquement sensible, car il touche directement les élus sortants et les équilibres politiques locaux.

Pour le Sénat, le calcul est encore différent. Depuis la réforme de 2011, le nombre de sénateurs est fixé à 348. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par les grands électeurs, principalement des maires et des conseillers municipaux. Le Sénat a pour mission de représenter les collectivités territoriales, et en particulier les communes rurales. Réduire le nombre de sénateurs à 200 imposerait de revoir la répartition des sièges entre départements et de redéfinir le corps électoral des grands électeurs. Une telle opération serait particulièrement risquée pour une majorité politique, car les élus locaux sont très attachés à leurs représentants. Elle expliquerait pourquoi aucun des candidats qui ont promis cette réforme n’a réussi à la mettre en œuvre.

Gabriel Attal, en proposant de « ramener le nombre de députés à 350 », devra donc répondre à plusieurs questions. Comment répartir les sièges entre les départements ? Quelles circonscriptions supprimer ? Faut-il maintenir une circonscription minimum par département, comme c’est le cas aujourd’hui ? Les petits départements risquent de perdre leur député ou de voir leur circonscription dilatée. Les associations d’élus locaux, très influentes, pourraient s’opposer au projet. Le candidat espère sans doute que l’opinion publique lui donnera raison, mais il devra composer avec les réalités parlementaires.

Les conséquences sur le travail législatif

Le contexte de la campagne de 2027 joue également un rôle. Gabriel Attal cherche à incarner une forme de renouvellement de la vie politique, après une séquence marquée par les crises sanitaires, sociales et économiques. En reprenant cette promesse, il veut montrer qu’il est capable de s’attaquer aux « structures » de l’État. Il se positionne aussi comme l’héritier de la promesse macroniste, mais avec un ajustement numérique notable. Là où Emmanuel Macron évoquait une réduction d’un tiers, Attal propose une réduction de plus de 350 sièges dans les deux chambres. Ce chiffre sonne comme un engagement fort, mais il ne dit pas précisément comment il compte surmonter l’obstacle du Sénat.

Une éventuelle réforme aurait des conséquences directes sur le travail législatif. Avec 350 députés, les commissions parlementaires seraient moins nombreuses ou leurs effectifs seraient réduits. Les groupes politiques devraient recalculer leurs présences dans l’hémicycle. Le temps de parole, le nombre d’amendements examinés et les capacités de contrôle seraient redistribués. Certains spécialistes estiment qu’un Parlement plus restreint pourrait être plus efficace, à condition de limiter le cumul de mandats et de renforcer les pouvoirs d’évaluation. D’autres redoutent une concentration de la représentation politique entre les mains des grandes formations, au détriment des petites circonscriptions et des indépendants.

L’histoire récente montre que la réduction du nombre de parlementaires est une « arlésienne » : on en parle à chaque élection, mais elle ne se concrétise jamais. Gabriel Attal l’a bien compris, lui qui a pris soin d’annoncer ce chiffre en amont de la campagne. Il sait que cette mesure plaît à une partie de l’électorat las des privilèges politiques. Il sait aussi que les obstacles sont principalement politiques et non techniques. La Constitution prévoit la possibilité de réformer, mais elle exige un large consensus. Le candidat de Renaissance devra donc trouver des alliés au-delà de sa majorité, sans quoi sa promesse connaîtra le même sort que celle de 2017. Le débat est loin d’être clos.


Source:CNEWS News


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