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Afrique du sud: la milliardaire Oprah Winfrey ferme son école et mise sur les bourses

Aug 08, 2026  Twila Rosenbaum 17 views
Afrique du sud: la milliardaire Oprah Winfrey ferme son école et mise sur les bourses

L'Oprah Winfrey Leadership Academy for Girls (OWLAG), l'école résidentielle fondée par la milliardaire américaine Oprah Winfrey en Afrique du Sud, va cesser de fonctionner sous sa forme actuelle à la fin de l'année scolaire 2027. Selon un communiqué relayé par plusieurs médias américains, l'établissement abandonnera son modèle d'internat pour privilégier un système de financement des études. L'objectif affiché est clair : élargir l'accès à un enseignement de qualité en soutenant un plus grand nombre de jeunes Sud-Africaines que ne le permettait un seul campus.

Les points essentiels de la transition

  • L'OWLAG poursuivra ses activités jusqu'à la fin de l'année scolaire 2027.
  • Les jeunes filles actuellement inscrites pourront terminer leur parcours dans l'école.
  • Les élèves qui devront poursuivre leurs études dans d'autres établissements bénéficieront d'une prise en charge de leurs frais de scolarité.
  • Les actifs de l'école seront transférés au Département de l'Éducation du Gauteng, conformément au dispositif prévu lors de la création de l'établissement.
  • Un nouveau programme de bourses financera les études de jeunes femmes aux excellents résultats académiques dans des établissements de référence répartis sur l'ensemble du territoire sud-africain.

Cette annonce marque un tournant dans la stratégie philanthropique d'Oprah Winfrey. Plutôt que de concentrer ses ressources sur un seul établissement, la célèbre présentatrice et entrepreneuse entend désormais déployer son action éducative à l'échelle nationale. Les représentants d'Oprah Winfrey estiment que cette nouvelle formule permettra de toucher un nombre d'élèves supérieur à celui accueilli jusqu'à présent par l'internat.

Un projet né d'une rencontre avec Nelson Mandela

L'OWLAG a ouvert ses portes en 2007 dans la province du Gauteng, après plusieurs années de préparation. Le projet est né d'un échange entre Oprah Winfrey et Nelson Mandela en 2000 autour des besoins éducatifs des jeunes filles sud-africaines. À l'époque, l'ancien président sud-africain avait insisté sur l'importance de l'éducation pour briser le cycle de la pauvreté et offrir un avenir meilleur aux enfants issus de milieux défavorisés.

Oprah Winfrey s'était alors engagée à créer une institution d'exception, capable de former les futures leaders du pays. L'école fut construite sur un campus de 22 hectares à Henley-on-Klip, non loin de Johannesburg. Dotée d'infrastructures modernes, elle comprenait des salles de classe ultramodernes, des laboratoires scientifiques, une bibliothèque, un théâtre, des installations sportives et plusieurs résidences pour les élèves.

Dès son ouverture, l'établissement a accueilli des adolescentes issues de milieux modestes, sélectionnées pour leurs performances scolaires et leur potentiel de leadership. La sélection était rigoureuse : les candidates devaient démontrer d'excellents résultats académiques, mais aussi faire preuve de détermination, de résilience et d'une capacité à inspirer les autres. L'école combinait un enseignement académique exigeant avec une formation au leadership, ainsi qu'un accompagnement personnalisé dans les domaines du bien-être, de la santé et du développement personnel.

Un bilan académique remarquable

Selon les chiffres communiqués par l'académie, 99 % des élèves diplômées poursuivent des études supérieures. Ce résultat est régulièrement mis en avant comme l'indicateur phare de la réussite du programme éducatif. De nombreuses anciennes élèves ont intégré des universités sud-africaines et internationales prestigieuses, dans des domaines aussi variés que le droit, la médecine, l'ingénierie, les sciences politiques ou les arts.

L'impact de l'école dépasse toutefois le simple cadre académique. L'OWLAG a contribué à créer un réseau solidaire de jeunes femmes qui s'entraident et s'inspirent mutuellement. Plusieurs anciennes élèves sont devenues des professionnelles accomplies et s'investissent à leur tour dans des causes éducatives et sociales. Ce cercle vertueux illustre la vision initiale d'Oprah Winfrey : offrir à des jeunes filles issues de milieux défavorisés les moyens de réaliser leur potentiel et de devenir des actrices du changement dans leur communauté.

Le choix de mettre fin au modèle d'internat ne signifie pas pour autant un désengagement d'Oprah Winfrey envers l'éducation sud-africaine. Bien au contraire, la philanthrope affirme vouloir étendre son action à un plus grand nombre de bénéficiaires. Dans son communiqué, elle déclare : « Le rêve n'a jamais été simplement de construire une école. » Selon elle, sa mission consiste avant tout à offrir des opportunités éducatives aux jeunes femmes, où qu'elles se trouvent et quel que soit leur nombre.

Une nouvelle stratégie pour élargir l'accès à l'éducation

Le nouveau programme de bourses devrait fonctionner différemment de l'internat. Au lieu de financer une structure fixe, il s'agira d'accompagner des jeunes femmes sélectionnées sur des critères académiques et de leadership dans des établissements d'excellence répartis sur l'ensemble du territoire sud-africain. Cette approche se veut plus flexible, plus ouverte et probablement plus adaptée aux réalités d'un pays marqué par de fortes inégalités géographiques et socio-économiques.

En Afrique du Sud, l'accès à une éducation de qualité reste un défi majeur. Les disparités entre les écoles des zones urbaines aisées et celles des townships ou des zones rurales sont encore considérables. Les jeunes filles issues de milieux défavorisés sont souvent les plus vulnérables face aux abandons scolaires, aux grossesses précoces ou aux pressions économiques qui les contraignent à travailler très tôt. En finançant des études dans des établissements réputés, le programme de bourses vise à lever ces obstacles et à permettre aux bénéficiaires de se concentrer pleinement sur leur réussite.

Cette évolution s'inscrit également dans une réflexion plus large sur l'efficacité des actions philanthropiques. Plutôt que de maintenir une école dont la capacité d'accueil est limitée à quelques centaines d'élèves, Oprah Winfrey choisit une approche qui peut toucher davantage de jeunes femmes à travers tout le pays. Les frais de scolarité, d'hébergement, de transport et de matériel pédagogique seront pris en charge pour les boursières, qui pourront également bénéficier d'un accompagnement et d'un mentorat.

Le transfert des actifs au Département de l'Éducation du Gauteng constitue un autre point important. Le site de l'actuelle académie, avec ses installations modernes, continuera ainsi à être utilisé à des fins éducatives. Cette décision garantit que l'investissement consenti depuis près de vingt ans ne sera pas perdu, mais réorienté au profit du système éducatif public de la province.

Un projet emblématique de la philanthropie d'Oprah Winfrey

L'Oprah Winfrey Leadership Academy for Girls restera l'un des projets philanthropiques les plus emblématiques de la milliardaire américaine en Afrique. Depuis son ouverture, l'école a symbolisé la volonté d'une personnalité influente de mettre sa fortune au service d'une cause concrète et durable. Oprah Winfrey a souvent évoqué sa propre enfance difficile et le rôle déterminant que certains enseignants ont joué dans son parcours. Cette expérience personnelle a nourri sa conviction que l'éducation est le levier le plus puissant pour transformer des vies.

Au fil des années, l'OWLAG a également attiré l'attention internationale sur les défis éducatifs de l'Afrique du Sud. De nombreuses personnalités politiques, artistiques et médiatiques ont visité le campus et rencontré les élèves. L'école est devenue un modèle de référence pour d'autres initiatives philanthropiques sur le continent, prouvant qu'un investissement bien pensé peut produire des résultats mesurables et durables.

Le passage à un programme de bourses national ne doit donc pas être interprété comme une remise en cause de cette réussite. Il s'agit plutôt d'une adaptation intelligente aux besoins du terrain. Oprah Winfrey et son équipe estiment que le moment est venu de diversifier les canaux d'intervention afin de maximiser l'impact social de leur action. La nouvelle formule permettra de nouer des partenariats avec plusieurs établissements d'excellence, de mutualiser les ressources et de créer un réseau plus vaste d'anciennes boursières.

Une continuité assurée pour les élèves et le site

Les élèves actuellement inscrites à l'OWLAG peuvent être rassurées : elles auront la possibilité de terminer leur scolarité dans les conditions prévues. L'école poursuivra ses activités normalement jusqu'à la fin de l'année scolaire 2027. Pour celles qui devront changer d'établissement en cours de route, les frais de scolarité seront pris en charge, ce qui garantit une transition sans préjudice financier pour leurs familles.

Le site du Gauteng, de son côté, sera confié aux autorités éducatives provinciales. Cette cession est conforme au dispositif juridique établi lors de la création de l'école. Le Département de l'Éducation du Gauteng pourra ainsi utiliser ces infrastructures pour accueillir d'autres programmes ou établissements, ce qui assure la pérennité de la vocation éducative du lieu.

Ce choix de la continuité montre qu'Oprah Winfrey ne tourne pas le dos à l'Afrique du Sud. Elle réaffirme au contraire son engagement de long terme envers la jeunesse du pays. Dans son communiqué, elle conclut : « Cette mission continue pour chaque jeune fille. » Ces mots résument à eux seuls la philosophie de la fondatrice : l'important n'est pas l'institution en elle-même, mais les opportunités qu'elle permet de créer.

À l'heure où l'éducation des jeunes filles demeure une priorité mondiale, la décision d'Oprah Winfrey d'élargir son programme de bourses pourrait inspirer d'autres philanthropes. Elle démontre que la générosité ne se mesure pas à la taille d'un bâtiment ou au nombre d'élèves dans une salle de classe, mais à l'ampleur des portes qu'elle ouvre. En transformant son académie en programme national, la milliardaire américaine écrit un nouveau chapitre de son histoire avec l'Afrique du Sud, un chapitre placé sous le signe de l'ouverture, de la flexibilité et de l'ambition éducative.


Source:La Nouvelle Tribune News


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